« Quand j’étais gamin, je voulais être chanteur… Les autres mômes rêvaient d’être cowboys, pompiers, garagistes ou de devenir le mari de Dorothée… Mon truc à moi, c’était d’être chanteur, un point c’est tout ! Et honnêtement, Dorothée n’était pas du tout mon style ! Bref, je me suis quand même vite rendu compte qu’entre le rêve et la réalité, le chemin était tortueux et semé d’embûches… Mais comme à l’impossible nul n’est tenu, j’ai commencé très jeune à écrire des chansons. Elles avaient pour thème les petits tracas de la vie quotidienne, mes rapports avec le monde, l’argent, la religion, les femmes… Tout ça quoi ! J’ai rencontré un franc succès local, surtout auprès des occupants de ma chambre de gamin, animant parfois des débats entre Goldorak et mon nounours bleu qui avaient souvent du mal à tomber d’accord ! Ce fut également l’époque de ma découverte de la musique, guidé par un grand-père mélomane et joueur de saxophone à ses heures. Je me mis à la trompette et notre duo, qui résonne encore parfois au fin fond de la campagne berrichonne, fut applaudi à la fin de quelques repas de famille bien arrosés… Et j’ai grandi, délaissant quelques peu la trompette et les chansonnettes, jusqu’à ma rencontre avec une bande de chevelus du lycée Alain Fournier de Bourges. A l’époque (début des années 90), je préparais un bac A3 (option Arts plastiques) et commençais à m’intéresser d’un peu plus près au dessin, à la guitare et aux filles ! Cette bande de joyeux drilles m’entraîna dans les bas fonds et s’ensuivit la formation d’un groupe sobrement nommé Autrement Blues, qui officiait dans un registre « variété contestataire ». Les textes que j’écrivis à l’époque existent encore, je les ai retrouvés il y a peu, mais ils sont à l’abri des regards, dans un endroit tenu secret et dont la clé a été jetée en pleine mer dans un endroit infesté de requins. De cette époque subsistent également deux enregistrements sonores et vidéo avec lesquels mon copain Benoît me fait chanter (sic) depuis maintenant plus de vingt ans. Après ce fut la fac et, toujours avec mon pote Benoît, la création du groupe Ursul Off & The Groove Patate, quatuor instrumental farfelu qui participa au festival off du Printemps de Bourges, remporta un tremplin, fit la première partie du groupe Bosniaque Gluho Doba (Zenica) de passage en France, puis enregistra une K7 audio (elle aussi gardée par les requins !) avant de tomber dans l’oubli… Ce fut également l’époque de mon entrée au sein de l’orchestre de Joël Pasquet, célèbre orchestre de variété berrichon, où pendant quatre ans, j’assurai ma subsistance en tenant la guitare et une partie du chant. Quatre années mémorables et difficilement descriptibles ! En 1999, mon départ pour la capitale, pour raisons professionnelles marque le début d’une longue période d’inactivité musicale, en tant que musicien. Par contre c’est une période riche en découvertes, Paris m’offrant l’occasion d’aller écouter un nombre incalculable d’artistes. Et puis en 2006, toujours pour raisons professionnelles, c’est le retour dans le Berry qui marque aussi l’occasion de ressortir la guitare de son étui poussiéreux… Répondant à une annonce, j’intègre le groupe Elliptik, qui officie dans le style pop rock et qui me fait gentiment une petite place. En 2007, le groupe sort l’album « Blanche », suivi d’une tournée promotionnelle dans les bars du Berry, dans les radios locales et les festivals (Darc, Rurarock, etc.) et en 2009 sort le CD EP « Dark Poppy », résolument plus rock et qui offre l’occasion de partager de belles affiches avec les groupes locaux (je pense particulièrement au groupe Icare, un des plus prometteurs de la scène rock berruyère !). La vie de groupe me plaît, mais un nécessaire travail introspectif me pousse, en 2011, année de toutes les audaces, à ressortir papier, crayon, dico de rimes et à me remettre à l’écriture. De ce travail, au demeurant fort agréable, naissent une vingtaine de chansons, pour la plupart autobiographiques ou presque (les ressemblances avec des personnages réels ne sont pas toujours fortuites !). En 2013, j’en choisis six que je vais enregistrer au studio Yac Prod, sous mon propre nom, avec l’aide précieuse de Yannick Cluseau qui écrit quelques arrangements et réalise le CD (prise de son, mixage, mastering, visuel de la pochette, etc.). Le CD est baptisé « Sur les bords de l’Arnon », du nom de la rivière qui coule à mes pieds et qui a vu grandir mes parents et grands-parents. Au final, je ne suis devenu ni cowboy, ni plombier, ni pompier, ni Zorro, ni même la mari de Dorothée !!! Mais quand je chante mes petites chansons, j’ai quand même l’impression de réaliser un rêve de gosse… »

Fred Daubert

Chanson française

AUTOPRODUCTION

Le Blues du Berry – 2016

Sur les bords de l’Arnon – 2013

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