Fontaines DC critique son album Dogrel (2019)

Fontaines DC critique son album Dogrel (2019)

29 août 2021 0 Par Le Caiman

Bonjour.

Le rock est une expression fondamentalement urbaine. Beaucoup des grands groupes dont nous nous souvenons sont liés aux rues dans lesquelles ils sont nés, à leur saleté et leur bruit, leur gloire, leurs contradictions et leurs misères. Après quelques singles, l’excellent début du groupe irlandais, produit par Dan Carey (Franz Ferdinand, Kate Tempest) se positionne déjà comme un nouveau jalon dans la fière tradition du rock qu’a donné sa capitale, Dublin, qui s’avère être, comme ils l’ont reconnu, grande source d’inspiration.

Dès les premiers hits frénétiques de « Big », on voit que ces gars ont de la personnalité, du culot, de la mauvaise humeur et des références de premier ordre, qui nous téléportent à 79 : la simplicité anguleuse de certains Wire pour la première fois (« Sha Sha Sha » ) ou l’immédiateté vitaliste de l’Irlandais du Nord Stiff Little Fingers (« Liberty Belle », « Boys In The Better Land »). La tension électrique de « Too Real », avec ses ambiances malsaines, certifie que même à ce stade on peut encore de superbes morceaux avec une basse, quelques guitares, une batterie et un mec qui crache des trucs. Un réalisme sale et crédible.

Des morceaux comme « Television Screens », avec sa basse sinueuse et sa mélodie vocale imbattable, « Hurricane Laughter », une litanie obsessionnelle sur le rythme musclé à la The Fall ou « Roy´s Tune », dans lequel ils ralentissent et jouent indie Exquisite pop des années 80, ils maintiennent le niveau dans de superbes débuts parfois. Dans « The Lotts » ils évoquent un autre nom culte, The Chameleons, avec une maturité surprenante pour le développement instrumental. Bien que l’originalité s’estompe un peu vers la fin ¬ – où ils permettent leur hommage particulier à The Pogues, le groupe le plus dublinois de Londres, dans « Dublin City Sky » -, il ne reste presque plus rien dans « Dogrel ». Témoignage aussi de quelque chose que l’on néglige souvent à l’heure des renaissances infinies et des carrières interminables : le rock (ou le punk) est inextricablement lié au feu de la jeunesse, dans ce cas aussi intelligent que stimulant.

  • A Hero's Death
  • Dogrel
  • Dogrel

Et voilà, c’est déjà la fin cher amoureux de la musique.
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