Lucinda Williams, critique de son album Good Souls Better Angels

Lucinda Williams, critique de son album Good Souls Better Angels

7 octobre 2021 0 Par Le Caiman

Bienvenu sur Fédération Caïman.

lucinda williams elle est une survivante et se révèle bien vivante. A soixante-sept ans, il vient de sortir de sa manche son album le plus brut et le plus viscéral. Il serait facile de dire que le créateur de Roues de voiture sur une route de gravier« Elle est une diseuse de bonne aventure et c’est la mauvaise nouvelle dont c’est plein »Bonnes âmes meilleurs anges« Ils sont une prémonition de la pandémie qui dévaste la moitié du monde, mais non, la mauvaise nouvelle était déjà là, assis dans la putain de chaise avec le plus de pouvoir sur Terre, dans le bureau ovale de la Maison Blanche. L’âge ne semble pas du tout avoir tempéré sa colère, c’est plus il semble que maintenant ça fait plus mal.

Lucinda est furieuse et a fait un disque furieux. Sa voix rauque crache des vérités sur fond musical de blues rock marécageux, passé par la distorsion d’un Neil Young chevauchant son fidèle Crazy Horse. Il n’y a pas de meilleur exemple que « Man Without A Soul », dont les paroles ne laissent aucun doute quant à qui il est dédié : « Vous êtes un homme sans vérité, un homme de cupidité, un homme de haine, un homme d’envie et de doute , tu es un homme sans âme. « Ce n’est pas la chose la plus subtile que ce brillant auteur-compositeur ait écrite, mais les temps ne sont pas faits pour les subtilités. Ce n’est pas une chanson ronde non plus, mais il y a tellement de passion dans son interprétation qu’elle peu importe, avec le groupe qui s’exhibe (il faut mentionner l’excellent travail du bassiste David Sutton, du batteur Butch Norton et, surtout, du guitariste Stuart Mathis, qui joue aussi du violon) et qu’elle sort de la gorge.

L’album descend en décibels avec « Big Black Train », mais pas en intensité, une de ces mi-temps qui y est si douée, donnant le meilleur usage expressif à une voix fêlée, cassée et totalement spéciale. Dans « Wakin ‘Up », il aborde ouvertement la violence domestique, avec la batterie de Norton et la guitare de Mathis sonnant comme des coups à la mâchoire. « Shadows & Doubts » et « When The Way Gets Dark » sont des lamentations sombres qui font partie des moments forts de l’album, la seconde est une belle chanson pleine de vulnérabilité et de compassion.

Mais après le calme, la tempête revient avec « Bone Of Contention », un autre blues intense avec sa voix doublée et le groupe montrant une fois de plus que c’est parti, c’est du blues avec une âme punk. « Down Past The Bottom » semble être le Tom Waits le plus guttural à la tête d’AC/DC, c’est le genre d’énergie qui se dégage de chaque groove de cet album. « Big Rotator » ressemble au cousin grunge de « John The Revelator » de Blind Willie Johnson, Lucinda renommant tous les menteurs, perdants, tricheurs, voleurs et vautours qui sont apparus à Washington DC ces derniers temps.

Mais malgré toutes les mauvaises nouvelles, tous les abuseurs et tous les gens stupides du monde, il y a aussi des gens pour qui il vaut la peine de vivre, ce sont les bonnes âmes qui donnent le titre à l’album et à leur dernière chanson, un hommage sincère aux amis qui l’ont aidée à traverser la dépression, les séries de défaites, les partenaires violents et toutes les autres merdes auxquelles elle a dû faire face dans sa vie. C’est une belle clôture pour un album qui respire la tension et l’agressivité, une dose d’adrénaline d’une vétéran qui nous livre de loin son meilleur travail »Monde sans larmes ».

  • Good Souls Better Angels

Ça y est, j’espère que vous avez appris de nouvelles choses cher mélomane
Si vous avez aimé l’article, n’hésitez pas à le mentionner.