Major Lazer, critique de son album La musique est l’arme (Reload) (2021)

Major Lazer, critique de son album La musique est l’arme (Reload) (2021)

9 septembre 2021 0 Par Le Caiman

Salut.

Il y a quelques mois, nous avons déjà examiné « La musique est l’arme », le dernier LP de Lazer majeure ce qui, en somme, ne semblait plaire à personne. Malheureusement, je dois m’inclure dans cette personne. Il est vrai que le groupe de Diplo et Walshy Fire traversait un processus de métamorphose, il s’agissait de leur premier projet sans le Trinidadien Jillionaire, l’un des membres du groupe depuis 2014 (remplaçant de Switch) qui a cédé sa place à l’Américain Tambours singes. Ce renouvellement des effectifs a généré des attentes sur le futur son de Lazer majeure cela a fini par se transformer en déception, ou plutôt en indifférence, envers un album qui générait des chansons de manière presque procédurale suivant les modèles d’un mainstream que le groupe semble aspirer à faire évoluer.

Avec « La musique est l’arme (Reload) », le trio international électronique, dancehall et reggae implore la rédemption avec cinq nouveaux morceaux pour leur projet largement passé inaperçu. Le rideau s’ouvre au rythme de « Titans », sorte de croisement incestueux entre LSD et Lazer majeure, projets jumelés par la présence de Diplo. Le thème est un happy hour de positivisme sonore dans le plus pur style du nouveau Sia (hyperbolisé dans son film « Musique ») qui est la chanson la plus pop du set. Les voix bien connues sont placées dans un premier plan si fermé que le reste des éléments semble être excessivement négligé, entraînant le single dans le royaume du joyeux mais naïf, d’une timidité qui a besoin d’euphorie. Heureusement juste après que « Diplomático » soit joué, un cadeau de pur moombahton à ceux qui ont raté les rythmes agressifs de la version standard de l’album. La collaboration avec Guaynaa, que certains pourraient mépriser à la première écoute, est un tout-terrain, une de ces chansons qui nous fait manquer le Razzmatazz alors que nous respectons le couvre-feu. Cette célébration débordante de l’ego de Diplo sous la forme d’un jeu de mots espagnol semble suivre les traces du « Qué calor » entraînant aux côtés de J. Balvin, le fils prodigue de la première version de l’album.

« C’est cuit » est peut-être la nouveauté la plus inaperçue qui puisse arriver. Les rythmes tropicaux francophones de la chanson évoquent une petite oasis de détente sur l’album d’Aya Nakamura. Le thème est une brise agréable mais passagère qui nous invite à nous laisser porter par sa douceur et sa douceur alors que nous manquons d’autres parenthèses de calme de Lazer majeure plus énergique comme « Être ensemble » (15) ou « Obtenez gratuitement «  (13). C’est alors que nous sommes réveillés de cet état de rêverie nostalgique par un échantillon de la mélodie emblématique de la bande originale de « Le bon le mauvais et le laid » comme s’il s’agissait d’un coup inattendu. Cet hommage opportun à Ennio Morricone est l’épine dorsale de « Pra te machucar », une chanson anachronique et énergique qui fusionne l’essence du western avec une percussion exotique avec des traces de dancehall. Un curieux duel d’hommes armés au milieu des plages de Rio de Janeiro qui a peu de mal à montrer le revolver mais trop à serrer.

Lazer majeure semble garder le meilleur pour la fin, puisqu’il clôt ses cinq nouveautés avec ce qui est pour un serveur le joyau de la couronne (avec le « Bam Bam ») déjà présenté. « Hands up » est un retour au magnifique « La paix est la mission » (15) et son électronique plus agressive qui visait carrément le club. Le thème est une citation au dancehall caractéristique de chansons comme « Attention à ça » (13) ou « Vous perdre » (14) ainsi qu’une expérience de terreur dans la jungle dans le plus pur style Wiwek. Le groupe compose une justification de ce brostep qu’ils semblaient réserver ces dernières années pour les remix de leurs chansons les plus commerciales, d’un son électronique que Diplo avait enterré à côté de Jack Ü (le titre lui-même évoque l’explosif « Jungle Bae » (quinze)). Lazer majeure embrasser à nouveau la goutte n’est jamais une mauvaise nouvelle, un élément qu’ils craignent maintenant d’éviter et qui était à l’époque l’un de leurs plus grands alliés.

Pourrions-nous dire que ces nouveaux ajouts à la quatrième de couverture de «La musique est l’arme » améliorer l’ensemble pauvre? Peut-être oui. Mais il est clair qu’avec ses avantages et ses inconvénients, la dernière Lazer majeure C’est un symptôme de l’état actuel améliorable du groupe qui semble tester les eaux, décidant quelle est la prochaine voie à suivre. Cette essence hédoniste qui semblait se volatiliser après « La paix est la mission », cette énergie qui se dégageait de ses précédents projets, des propositions aussi hybrides que solides. Cet enregistrement a peut-être été trop hâtif, dans le sens où il essaie de définir une bande reformulée avant qu’elle ne soit reformulée. Il est clair que le rechargement n’était pas la réponse à nos prières. Nous aurons toujours « Libérez l’univers » (13).

Ça y est, c’est déjà la fin cher mélomane
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