The Smashing Pumpkins, critique de leur album Cyr (2020)

The Smashing Pumpkins, critique de leur album Cyr (2020)

16 septembre 2021 0 Par Le Caiman

Salut.

Il y a deux ans et à l’occasion de la révision de ‘Shiny And Oh So Bright, Vol. 1 Lp No Past. Pas d’avenir. Pas de soleil ‘ (Napalm, 18 ans) pour ce même médium, a déclaré qu’il était déjà forcé de supposer que The Smashing Pumpkins ils ont laissé derrière eux cette personnalité artistique qu’ils portaient il y a un quart de siècle. C’était la conclusion la plus évidente tirée du précédent volet des Chicagoans, le groupe s’éloignant définitivement de ce sens profond et mythifié de la gauche des années 90. Le présent ouvrage va non seulement dans la même direction, mais montre également un groupe s’investissant à fond dans la recherche de ces bases qui devraient ciseler leur son actuel. Une entreprise qui, après avoir surmonté la dissolution de l’an 2000, devrait finir par définir cette deuxième étape du groupe qui a commencé avec ‘Zeitgeist’ (Reprise, 07) et cela ne veut pas dire mais son inévitable maturité créative. Parce que l’environnement a changé, et avec lui le groupe lui-même et un public qui a depuis longtemps laissé vingt ans de retard. Une série de circonstances, toutes, qu’il faut assumer comme prémisses obligatoires avant d’aborder le onzième album studio du quatuor, afin d’éviter que la surprise ne se transforme en déception absolue.

Dans l’épicentre de sa deuxième section comme The Smashing Pumpkins, Billy Corgan et compagnie finissent par offrir ce qui est leur album pop le plus évident et sans préjugés. La force d’ataño disparaît presque complètement, pour laisser place à des ondes mélodiques et synthétiques inédites que Corgan déchire légèrement avec sa voix. Au ‘Cyr’ (Sumérien, 20 ans) claviers et synthétiseurs jouent un rôle si important que rien n’est caché, grinçant bien au-dessus des guitares reléguées au deuxième (ou troisième) plan. C’est ainsi qu’une synth-pop prédomine au lancement qui fait référence à cette collaboration (réussie) de Corgan avec New Order dans la chanson « Turn My Way », incluse dans le LP ‘Sois prêt’ (Londres, 01) des Britanniques. Le chanteur aurait pu stocker les leçons de Bernard Sumner, attendant le bon moment pour les mettre sur sa propre toile. Une décision qui, jointe à la confiance (ou à l’ego excessif) de Corgan lui-même, incite à ce que, à la hauteur du frugal et du concis, le groupe fasse la culbute de signer un double album, avec un total de vingt chansons – la moitié de ils ont avancé en tant que célibataires – sur lesquels développer les particularités de leur nouveau son. Le pari est tellement risqué que, comme prévu, en pratique il n’est pas entièrement satisfait après une alternance de hits avec un remplissage indéniable. Parmi les premiers on pourrait placer « The Color Of Love », l’efficace « Cyr » qui donne le titre au LP, « Ramona », le beau « Wrath », « Dulcet in E » et « Birch Grove », et aussi  » Save Your Tears », « Adrennalynne » ou un « Wyttch » qui, avec sa ligne de basse épaisse, serait la séquence la plus nostalgique du lot.

Tout au long de sa seconde moitié, la référence commence à s’épaissir et complique l’action de séparer le blé de l’ivraie jusqu’à l’embarras. Ce n’est pas ça ‘Mélan Collie et la Tristesse Infinie’ (Vierge, 95 ans) et, sans aucun doute, ‘Cyr’ (Sumérien, 20 ans) aurait été mieux s’il s’était matérialisé et n’était resté appuyé que sur ses meilleurs moments, sélectionnant ainsi dix, douze ou tout au plus quatorze chansons. En tout cas, ce sont The Smashing Pumpkins Au milieu de 2020, avec une programmation composée des originaux Billy Corgan, James Iha et Jimmy Chamberlin ainsi que Jeff Schroeder en tant que bassiste, en plus des collaborations vocales féminines palpables de Katie Cole et Sierra Swan placées tout au long de l’album. Et par conséquent, ‘Cyr’ ce serait son mode d’emploi actuel, avec le pop comme le fier mot d’ordre du présent (et peut-être du futur) de la formation, dans l’énième preuve du fonctionnement de la matière aujourd’hui. Pour retrouver la profondeur et l’émotion brute de ‘Gish’ (Vierge, 91), « Rêve siamois » (Vierge, 93), la susdite ‘Mélan Collie et la Tristesse Infinie’ (Vierge, 95 ans) ou ‘Adorer’ (Vierge, 98 ans), il suffit de regarder en arrière.

  • CYR
  • Mellon Collie And The Infinite Sadness (Remastered) [Explicit]

Et voilà, à bientôt cher amoureux de la musique.
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