Trap : Tour d’horizon de la musique de l’Argentine urbaine (2020)

Trap : Tour d’horizon de la musique de l’Argentine urbaine (2020)

23 janvier 2020 0 Par Le Caiman

Le boom de la musique urbaine en Argentine a été l’un des moments forts de l’année 2019. Parmi toutes les musiques proposées dans ce pays d’Amérique latine, la trap a fait la différence, s’imposant comme le genre urbain le plus remarquable du pays, étendant son rayon d’influence dans le monde entier.

 

Quelles tendances côté musique en Argentine ?

Depuis qu’Ysy A a créé El Quinto Escalón à Buenos Aires, devenue la plus importante compétition de freestyle d’Amérique latine, le rap et le hip-hop sont devenus essentiels en Argentine. Buenos Aires est désormais le centre du succès de plusieurs artistes. Non seulement celui de certains des rappeurs les plus influents de ces dernières années, mais aussi de celui de toute une génération d’artistes bravant la situation économique difficile du pays. Pour eux, c’est certain. Leur seule voie sera la musique, quelle qu’en soit la difficulté.

Beaucoup des artistes qui suivent sont d’ailleurs devenus célèbres grâce à Youtube et Spotify. Avec un tel impact, il n’a pas été nécessaire pour eux d’être signés par de grandes maisons de disques ou d’accorder des interviews aux médias. Les réseaux sociaux sont leur principal moteur pour atteindre les masses.

Les collaborations entre eux font également partie du secret de leur réussite. Les artistes qui ont le plus de succès unissent leurs forces pour produire des chansons ensemble et augmenter le nombre de lectures. Une belle fraternité qui va même un peu plus loin. Fréquemment, ils collaborent également avec des artistes qui débutent dans le monde de la musique pour leur donner un coup de pouce.

Ils ne pensent pas à l’avenir. Le présent est leur seule préoccupation. Ils n’ont pas l’intention de faire de la musique, mais d’atteindre le sommet des hit-parades.

 

Duki

Son secret ? Se battre sans relâche pour atteindre le succès et ne pas être lié à une quelconque maison de disques. Originaire du quartier Paternal dans la capitale argentine, ce pro de l’autotune a débuté dans les battles de Quinto Escalón promues par Ysy A où il a vu que le rap, c’était son truc. Alors oui, dans certaines interviews, il lui est arrivé de dire qu’il aimerait bien avoir un groupe de rock. Mais ça, ce sera peut-être pour plus tard.

Son objectif présent, au-delà de ses ambitions musicales, c’est de faire en sorte que les gens prennent le trap au sérieux, et non comme une tendance passagère. C’est pourquoi il joue également le rôle d’ambassadeur lorsque d’autres artistes du genre viennent en Argentine. Pour les accueillir et leur faire découvrir la scène locale. Il a d’ores et déjà aidé différents artistes, comme Lucho SSJ, à atteindre le succès.

Son premier album, « Súper sangre joven » (19, Dale Play Records) porte ce nom en l’honneur de son équipe artistique et comprend des collaborations avec les principales voix de la trap du continent latin.

 

Nicki Nicole

Sept mois seulement après le début de son projet musical, elle est déjà considérée comme l’une des reines de la musique trap argentine. Nicki Nicole de Rosario a partagé la chanson Wapo Traketero sur YouTube fin avril 2019. Une vidéo qui compte actuellement plus de 35 millions de vues. Après cette bombe, le producteur de trap Bizarrap lui a parlé sur Instagram pour savoir si elle voulait collaborer avec lui sur Music Sessions, ce qui a donné lieu à Music Session #13, qui a catapulté la chanteuse encore plus loin dans la gloire.

Son truc, c’est de combiner RnB, trap, soul et autres rythmes, mais plus lents que ceux des autres artistes du moment. Elle a également sorti Recuerdos avec la collaboration de Cazzu, Bizarrap et Duki en novembre dernier.

 

Dak1llah

Dak1llah, de son vrai nom Morena Jabulij, aime la musique depuis son enfance. Mais c’est lorsque sa sœur lui a montré les concours organisés sur les places du quartier de Villa Devoto, à Buenos Aires, qu’elle en est vraiment tombée amoureuse. Quelques années plus tard, elle découvre la trap et décidera de prendre sa carrière au sérieux. Sa voix profonde et ses textes sur les fêtes, le plaisir, l’amour et les amitiés se combinent avec une trap très hip-hop, naturelle de par son passé dans les combats freestyle, et avec une image proche de celle de la Bad Gyal catalane.

 

Khea

Khea, Cazzu et Duki ont déchaîné le genre avec Loca, la chanson sur laquelle les trois ont collaboré ensemble. Deux ans seulement se sont écoulés depuis la sortie de cette chanson, mais cela a suffi pour que Khea devienne le plus grand représentant du genre dans son pays et en Amérique latine. Il a déjà fait une tournée en Europe, et à seulement dix-neuf ans il a déjà une date pour se produire à Tomorrowland.

La question sera de savoir ce qui l’attend encore au-delà de ce sommet de la réussite. Son style, qui s’inspire beaucoup du rap et du reggaeton, fait des vagues dans les rues de Buenos Aires. Une grande partie du succès, comme pour la plupart des artistes urbains, provient de collaborations avec d’autres musiciens tels que Duki (She Don’t Give A Fo, Hitboy, Ánimo). À court terme, les fans se demandent s’il fera des collaborations avec Nicki Nicole, sa partenaire actuelle.

 

Cazzu

La « patronne de la trap », comme on la surnomme en Amérique latine, porte un masque et deux longues nattes sombres. Dans une interview, Cazzu (Julieta Cazzucheli) déclarera qu’enfant, elle suivait Good Charlotte et Linkin’ Park, ainsi qu’Avril Lavigne, bien qu’elle se soit ensuite tournée vers le reggaeton.

Son trap s’est d’ailleurs enrichi de ce dernier genre, très présent dans la base de ses chansons. Parmi ses collaborations, il y a le légendaire Loca, avec Khea et Duki, la chanson qui a marqué un avant et un après dans sa carrière. À partir de là, elle connnaîtra un succès écrasant qui l’a positionnera comme la référence féminine de la trap grâce à des œuvres comme Error 93 et Maldade$.

 

Lucho SSJ

El Quinto Escalón est, pour beaucoup de rappeurs argentins d’aujourd’hui, le terrain d’essai avant d’entrer dans l’arène du trap. C’est là que Luciano Vega a débuté, avant de rapidement le laisser derrière lui pour s’enfermer dans un studio, où il se sent plus à l’aise. Lucho est le plus jeune membre du crew SSJ Súper Sangre Joven, le groupe de rappeurs dirigé par Duki et qui comprend d’autres artistes comme MKS et Wolf.

Il a également été le plus jeune de l’histoire de Lollapalooza Argentina, lorsqu’en 2019 il s’est produit aux côtés de Dani. Il se dit éternellement reconnaissant envers Duki. Sans son aide, son orientation et ses conseils, il n’aurait pas pu atteindre sa position actuelle. À dix-sept ans, il a même fait la première partie de Bad Bunny à Buenos Aires en 2018. La force de son trap réside dans ses paroles, pleines de références aux batailles, et son style continue de s’affiner. Son univers musical englobe également une partie de Dragon Ball. Non seulement SSJ vient du Super Saiyajin, mais plusieurs de ses singles portent le nom du dessin animé, comme Goten.

 

Ca7riel + Paco Amoroso

Très intéressants séparément et terriblement explosifs ensemble. Ca7riel et Paco Amoroso étaient des amis d’école et ont toujours été intéressés par la musique, mais leur intérêt pour le rap a été beaucoup plus tardif que pour le rock. Ensemble, ils formèrent le groupe éphémère Astor avec deux autres membres.

Ca7riel est formé à la guitare et Paco Amoroso au violon et à la batterie. Et leur collaboration mérite d’être entendue. Des sons progressifs, rock et hip hop se mélangent dans leurs chansons, comme Ola mina xd ou Jala Jala, deux de leurs plus célèbres tubes. Leurs spectacles, accompagnés par l’ATR Banda, accumulent visuels et lumières spectaculaires, avec un impressionnant souci du détail. Chacun d’eux, séparément, produit ses propres chansons. Ensemble, ils forment l’un des duos les plus novateurs de la trap music latino-américaine.

 

Neo Pistéa

Le créateur de l’hymne de la trap argentine. En 2018, Neo Pistéa eut l’idée de réunir douze des voix les plus représentatives du genre urbain en Argentine pour remixer l’un de ses titres, Tumbando el club. Un exercice difficile, qu’il réussit en faisant enregistrer chaque artiste séparément. Y ont collaboré Cazzu, Duki, Ysy A, Lucho SSJ, Khea, C. R. O, Obiewanshot y Marcianos Crew et Coquéein Montana.