Arcade Fire, chronique de l’album Everything Now in MondoSonoro (2017)

Arcade Fire, chronique de l’album Everything Now in MondoSonoro (2017)

15 octobre 2021 0 Par Le Caiman

Salut.

Après l’embarras que supposait son précédent travail, le double et quelque chose d’indigeste « Reflektor« , je suis de ceux qui sont reconnaissants à Arcade Fire d’avoir sorti un album beaucoup plus léger avec une poignée de chansons qui ont des points d’ancrage mélodiques évidents avec l’auditeur. Un de ces disques que l’on peut apprécier du début à la fin, sans avoir à sauter des morceaux qui sont un véritable supplice et cassent le rythme de l’album. Cependant, il ne pleut jamais au gré de tous et le débat qui « Tout maintenant » Il s’agit de décider s’ils ont dépassé le freinage et, aussi léger soit-il, cela risque de tomber dans l’inconsistant ou le vide. Et j’ai bien peur qu’après quelques écoutes, il y en ait une partie.

Dans le cinquième ouvrage des Canadiens, les filons de l’intentionnalité se devinent de loin. Il suffit de remarquer le single d’ouverture de pizpireto, avec ces choeurs gospel réactifs et ce crescendo final si caractéristique de la maison, qui finit par être trop facile pour un groupe de sa catégorie. Un péché qui pourrait être oublié si la chanson n’était rien de plus qu’une anecdote, mais intitulait l’album de la même manière et l’ouvrait et le refermait dessus, signifie tout le contraire. Derrière lui, les hommes de Win Butler décident d’enfiler le costume lamé et d’aller sur la piste de danse avec ce groove funk que leur ami James Murphy (LCD Soundsystem) maîtrise si bien. Rien à redire si ce n’est que ce n’est pas surprenant, ça encourage et amuse juste. Dans « Creature Comfort » les choses s’améliorent et les Arcade Fire les plus reconnaissables apparaissent, celles qui tirent le meilleur parti du tandem de voix masculines-féminines et d’une tension mélodique qui croît presque imperceptiblement en fonction d’un lit d’électronique manuelle qu’elle entretient toujours du sujet. en haut. « Peter Pan » ne provoque ni froid ni chaleur, seulement un travail de lien pour un pseudo reggae se terminant en opérette rock intitulé « Chemintry » pour encadrer un sourire tout en nous faisant lever un sourcil d’incrédulité alors qu’il nous traverse la tête, tel un fantôme vaporeux, le nom de Simple Minds. À ce stade, et pour garder l’attention de l’auditeur dans ce traité de variété stylistique tellement dans l’air du temps, il était possible de mettre quelque chose de rocailleux pour le faire aussi avec l’une des chansons les plus réussies de l’album : « Infinite-Content » marque la mi-parcours de l’album avec ce changement de registre qui montre les deux visages du groupe : l’agressif et le plus délicat. Avec « Electric Blue » ils reviennent sur la piste de danse avec un thème un peu banal, mais qui ne dérange pas et sert à se connecter avec l’excellent phrasé de basse du plus timide et, désormais, réussi « Good God Damn ». Un thème où l’ombre pérenne des années 80 Bowie s’épanouit à nouveau dans sa musique. Et à ce stade, il est temps de profiter d’un autre des grands moments de l’album avec cette chanson formidable qu’est « Put Your Money On Me ». Une de ces chansons qui nous rappelle pourquoi Arcade Fire est sur toutes les lèvres et a réussi à atteindre le statut de grand groupe du nouveau millénaire, grâce à cette façon particulière de gérer le tempo à la recherche d’une grandiloquence domestiquée. Pourtant, avec « We Don’t Deserve Love » on a le sentiment tout le contraire : il y a une bonne idée qui se gaspille dans une vaporeuse tricherie qui ne se contente pas d’exploser et d’en faire une broche oubliable.

« Tout maintenant » Ce ne sera pas l’album le plus mémorable d’Arcade Fire, cela ne fait aucun doute. Mais il sera considéré au fil des ans comme l’album le plus optimiste et le moins auto-payé du groupe. Un album dans lequel les Canadiens montrent leurs multiples visages sans ambiguïté ni astuces, et parviennent également à contribuer quelques ou trois chansons aux recueils de chansons de leurs spectacles en direct. Des concerts qui finissent par être une batterie infaillible quand il s’agit de bombarder le public de cette explosion enveloppante de notes qui joue avec l’euphorie et qui fonctionne si bien dans les grands espaces ouverts des festivals. Et c’est que les Butler les connaissent depuis longtemps, très longtemps.

  • Everything Now (Day Version)
    Everything Now (Day Version)

Ça y est, j’espère que vous avez appris de nouvelles choses cher amoureux de la musique.
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