Arlo Parks, critique de son album Collapsed in Sunbeams (2021)

Arlo Parks, critique de son album Collapsed in Sunbeams (2021)

27 août 2021 0 Par Le Caiman

Bonjour.

Combien est-on dit sur les décès, les pertes insolubles, le gouffre démographique que cette pandémie peut nous laisser et combien peu sur notre santé mentale. D’une certaine manière c’est logique : nous vivons installés dans un court-termisme presque aussi sanglant que celui de ceux qui ont une barre de leadership. Et aussi, ici, nous sommes tous venus parler de notre livre. C’est à ça que servent les réseaux sociaux. La recherche d’un équilibre émotionnel et la culture de l’empathie ne sont pas exactement à la hausse. Mais si quelque chose semble rester Les parcs d’Arlo, labelmate de Loyle Carner, insultant jeune (à peine vingt ans) et outrageusement talentueux, c’est justement cela, sa capacité à se mettre à la place des autres et la connaissance précoce de nos vulnérabilités émotionnelles – qui vont s’accroître en des temps si fragiles – montrant leurs paroles. Voyance si précoce qu’elle fait peur, et que la même sert à donner de la visibilité à la Mental Health Charity (avec qui elle collabore) ainsi qu’à postuler pour la révélation de l’année dans l’opinion de la BBC ou à apparaître sur une cool Michelle Obama playlist.

Assez pour affirmer qu’une star est née ? Bien sûr, oui, à partir du moment où nous avons constaté que sa perspicacité pour diagnostiquer le pathétique de notre temps (nous avons l’emblème de la génération Z depuis un moment) va de pair avec sa façon de le fourrer dans un emballage commercial mais détaillé, luxueux mais contenu, abordable mais en même temps fluide : ce n’est pas de la néo soul à la manière des productions futuristes qu’Erykah Badu ou Jill Scott proposaient il y a vingt ans, non, et encore moins celle de la lecture évoluée qui a élevé Janelle Monáe une décennie plus tard ; c’est plutôt quelque chose qui a à voir avec l’héritage de la soul guitare à manche (India.Arie et tous les fils et filles de Bill Withers) combiné, parfois, avec ces subwoofers sismiques du meilleur trip hop (le sensationnel « For Violet » ) ou avec des idiomes de production qui sont parfois en phase avec le groove nu de The xx. Très typique d’une artiste qui aime autant Vashti Bunyan que St Vincent, et qui a été accompagnée en studio par l’Américain Gianluca Buccellatti (écoutez Hazel English, Overcoats ou Tei Shi, autres talents féminins qu’elle a supervisés). Bien qu’au-dessus de la forme se trouve le bas. Des chansons comme des soleils. Imbattable à tout point de vue.

Confessionnelle, inhabituellement mature pour son âge, ductile en tant que chanteuse, convaincante lorsqu’elle dit à une amie qu’elle lécherait la douleur de ses lèvres quand ses yeux se tourneraient comme ceux de Robert Smith quand son maquillage coule des larmes (sur le beau « Black Dog ») , habile dans l’art de la création parlée et dominatrice absolue des temps intermédiaires dans lesquels (comme celui du fabuleux  » Hope « ) elle ressemble à un croisement entre Amy Winehouse et Blood Orange, la Britannique a affiché un premier album avant lui. il est impossible de ne pas s’énerver. Et dans lequel cela n’a pas de sens de continuer à fouiller dans le détail de sa tracklist car tout, absolument tout, confine au sublime. Et crever le tiroir de l’adjectif.

S’effondre dans les rayons du soleil par Arlo Parks

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Et voilà, à bientôt cher passionné(e) de musique.
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