Black Sabbath, critique de leur album Paranoid (Super deluxe) (2020)

Black Sabbath, critique de leur album Paranoid (Super deluxe) (2020)

7 mai 2022 0 Par Le Caiman

Bonjour.

Si influent et, en même temps, si singulier et irremplaçable. Sabbat noir ils avaient fait leurs débuts sur disque au début des années 1970, faisant un pas de géant en apportant des riffs de guitare ultra-lourds, des atmosphères denses et des images sombres au rock; c’est-à-dire tout ce qui allait faire d’eux les pionniers absolus d’une nouvelle ère. Nous avons parlé, ne l’oublions pas, de l’époque où le heavy metal n’existait même pas et de la date de leur deuxième album, « Paranoïaque »se développait sans que personne ne se rende compte de l’importance qu’elle aurait dans l’avenir.

En effet, des chansons comme « Iron Man », « War Pigs » ou « Paranoid » lui-même – qui était déjà un single à succès lors de la parution de l’album en septembre 1970 – ont marqué un avant et un après, non seulement dans la trajectoire du groupe originaire de Birmingham, également dans le processus de durcissement irréversible d’une grande partie de la musique rock.

Coïncidant avec le cinquantième anniversaire de la publication du vinyle original, son édition « Super Deluxe » (précédemment sortie sur le marché en 2016) est maintenant rééditée. Il s’agit d’un coffret qui comprend quatre disques (cinq dans la version vinyle) avec un double dossier indépendant pour chacun d’eux. Le lot est accompagné d’un intéressant livre cartonné, d’un poster avec une photo vintage du quatuor et d’une réplique du programme de la tournée américaine de présentation de l’album. Nous sommes donc face à une édition impeccable en termes de présentation et de souci du détail.

Le premier des compacts, comme d’habitude dans ces cas, comprend l’album original remasterisé. En d’autres termes, les huit chansons avec lesquelles Ozzy Osbourne, Tony Iommi, Geezer Butler et Bill Ward ont marqué – et continuent en quelque sorte de marquer – l’histoire. Ainsi, en passant par la force brute de l’imposant « Iron Man », le rythme irrésistible de « Paranoid », la subtilité de « Planet Caravan » ou la solvabilité de l’instrumental « Rat Salad », on revit l’intemporalité de cette œuvre.

Le deuxième CD contient un remix quadriphonique qui a été fait du disque en 1974, alors qu’il était expérimenté sur l’hypothèse que le son stéréo pourrait être obsolète. Entendue aujourd’hui, cette version n’est qu’une anecdote ou une simple curiosité.

Dans les deux autres CD, nous apprécions les performances live du groupe en 1970, l’une enregistrée à Montreaux (Suisse) et l’autre à Bruxelles dans une représentation pour la télévision belge. Le son de Bruxelles est plus que correct et celui de Montreaux est remarquable, même si Ozzy se désaccorde à un moment donné (on peut supposer qu’ils n’avaient pas de moniteurs). Il s’agit en tout cas de deux enregistrements d’une valeur indiscutable, qui comprennent des répertoires similaires, axés avant tout sur « Paranoïaque ». A noter qu’en Suisse, l’anti-guerre « War Pigs » était encore chanté par Ozzy avec les paroles originales, qui seront plus tard retouchées car trop sataniques.

Résumant. Un dix pour la présentation et pour l’album original. Les deux directs sont également plus que recommandables et, bien que leur son ne soit pas impeccable, il améliore largement celui des versions pirates qui circulaient. En revanche, le remix quadriphonique n’est rien de plus que curieux et, de plus, il avait déjà été publié dans une précédente réédition intitulée uniquement Deluxe. Celui-ci, soit dit en passant, comprenait des plans de studio alternatifs qui ici auraient pu compléter encore plus le produit final.

Ça y est, c’est déjà la fin cher passionné(e) de musique.
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