Bruce Springsteen, critique de son album « Western Stars » (2019)

Bruce Springsteen, critique de son album « Western Stars » (2019)

6 avril 2022 0 Par Le Caiman

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Il semble que les choses tournent autour des intouchables. Et Bruce Springsteen en fait partie. Parce que ce n’est pas que son nouvel album est faible, mais plutôt qu’il est très faible. Bien que de nombreux critiques semblent affirmer le contraire. Ce qu’il nous propose à cette occasion est un recueil de douze ballades médiocres et un thème un peu plus accéléré qui donnent forme à une œuvre absolument fade et fade. J’ai lu quelque part que Bruce s’était déguisé en crooner. Un autre au bateau. Et bien qu’on ne soit pas un grand fan du style, je pense que ce n’est pas vraiment le problème. Parce que je ne vois pas non plus ce croonerisme sur l’album. Même si je vois encore moins « l’album western » Pourquoi ? Pourquoi la majorité est-elle orchestrée ? (qui vous a vu et qui vous voit, Bruce). Le western n’est présent que dans un magnifique artwork, il faut le reconnaître, avec quelques excellentes photos qui, soit dit en passant, ne reflètent en rien ce que contiennent leurs chansons. Chose qui ne devrait pas nous surprendre, étant donné que Springsteen n’a pas écrit une grande chanson – pas bonne, pas remarquable, pas passable, mais géniale – depuis près d’un quart de siècle.

Bien sûr, on ne peut pas parler ainsi d’un album de Bruce Springsteen sans en donner les raisons. Alors allons vers eux. L’album débute avec « Hitch Hikin’ », une chanson semi-acoustique un peu crépusculaire qui perd tout intérêt lorsque, dans sa dernière partie, apparaissent les arrangements orchestraux. « The Wayfarer » nous donne de l’espoir. A ses débuts il rappelle « Johnny 99 » de « Nebraska », mais les cordes le rendent vite trop inoffensif et on finit par avoir l’impression d’écouter un morceau d’AOR, ce qui, que l’on aime le style ou pas, n’est pas ce qu’on attend de Springsteen. L’impression que ce serait une chanson parfaite comme bande son pour « Crête de faucon » survole mon esprit, et ce n’est pas la première fois que ça m’arrive. La fin avec des chœurs qui semblent tirés d’une chanson disco du Philadelphie des années 70 vient tout gâcher complètement. Je ne perds pas l’espoir. Pas du moins jusqu’au début de « Tucson Train » et j’en tire la première conclusion : Ron Aniello a couvert une bonne partie de l’album avec sa production. Problème également imputable au Boss, ne l’ayant pas choisi. Je veux mais je ne peux pas. Comme Bruce. Je l’aime bien; il fait un bon disque. « Western Stars » se veut désertique, légèrement border, avec un bon couplet, mais un refrain très peu inspiré. Long et plat est un bon exemple de ce qu’est le disque. Par contre, « Sleepy Joe’s Café », avec son rythme de trot et son accordéon, rend nos vies un peu plus joyeuses. C’est peut-être que l’orchestre a presque totalement disparu, mais c’est la première chanson du lot qui, sans être particulière, me semble remplir son objectif. Avec « Drive Fast (The Stuntman) » le ton lent revient, cette fois marqué par le piano qui semble être l’instrument avec lequel tout l’album a été composé, et avec « Chasin’ Wild Horses » on se demande si on n’a pas déjà entendu quelques fois cette chanson. « Sundown » semble suivre la même ligne jusqu’à ce que, vingt secondes plus tard, il accélère légèrement pour se réinstaller dans l’AOR. Avec « Somewhere North Of Nashville » vient le salut. Pour moi, c’est la meilleure chanson de l’album. Un sujet formidable « Nebraska », encore une fois, qui a peut-être trop de violons, et qui a aussi l’une des meilleures paroles de l’album. Et « Stones » arrive. Je suppose que ce doit être la chanson sur laquelle se basent ceux qui définissent l’album comme un western, car son début est le seul moment de l’œuvre qui soit à cent pour cent, même si la ligne fade continue. Silencieux. Ça pourrait être pire. Et ce sera le cas. Si nous n’en avions pas assez avec l’orchestre, Aniello ajoute une batterie programmée ou terriblement surproduite à « There Goes My Miracle » (vous me pardonnerez, mais je n’avais pas les crédits spécifiques) pour mettre la cerise sur le gâteau. En fin de compte, la chose se termine avec le bien connu et avancé « Hello Sunshine » et un « Moonlight Hotel » qui est la ballade classique du XXIe siècle Bruce. Une chanson qui remplirait n’importe lequel de leurs anciens albums et qui ici aussi me semble être la meilleure du lot.

Trop petit. Oui, c’est Bruce Springsteen et je le respecte. Plus pour ce qui a été que pour ce qu’il est. Et ce respect est ce qui me pousse à ne tromper personne. Pour ne pas dire ce que je ne pense pas. Un artiste est respecté en donnant son opinion honnête. Valoriser leur travail et dire, en tant que critique, si vous l’aimez ou non. Quelque chose qui, bien sûr, n’est pas un mot biblique, ni la vérité absolue, mais juste une opinion. Ceux qui ont aimé l’album, appréciez-le. Moi, si je veux un album qui sonne comme le meilleur Springsteen je mettrai sur le dernier Dave Hause. Si j’opte pour le crépuscule j’irai chez Ian Noe. Et si je veux juste un super album de rock américain, je continuerai à tourner cette merveille que Ryan Bingham a sorti dans mon lecteur.

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Ça y est, c’est déjà la fin cher mélomane
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