C. Tangana, critique de son album El Madrileño (2021)

C. Tangana, critique de son album El Madrileño (2021)

25 février 2022 0 Par Le Caiman

Bonjour à tous.

C. Tangana a créé « Le Madrilène » générant un tollé populaire comme on ne l’avait pas vu ces derniers temps dans notre pays avec la sortie d’un album. Le pouvoir de transformation de Puchito commence en lui-même et a atteint, cette fois, toute l’Espagne. La preuve est flagrante. C. Tangana il a créé un public à son image et à sa ressemblance qui, du jour au lendemain, s’est réveillé en écoutant Eliades Ochoa ou José Feliciano. De tous les virages de la course C. Tangana, c’était le plus risqué et, pour le moment, celui qui marche le mieux. Les grandes œuvres (artistiques et non) de l’histoire ont toutes quelque chose en commun : elles savent lire le monde dans lequel elles sont conçues pour le transformer. Une révolution politique, le succès d’un cinéaste comme Almodóvar dans les années 80, C. Tangana avec « El Madrileño ». Il y a des années, Antón Álvarez Alfaro lui-même a déclaré dans une interview qu’avec le clip vidéo réalisé par El Palomar pour « Pop Ur Pussy », il avait réussi à amener la communauté YouTube à débattre de la transsexualité. Rien comparé à avoir réussi à faire danser son pays au rythme des sexagénaires au temps de TikTok. Les copains qui ont commencé à sortir en écoutant la dernière tendance urbaine il y a un an, juste avant la fermeture des discothèques, casseront demain et écouteront « Quand j’oublierai », une collaboration entre C. Tangana et l’infortuné Pepe Blanco, le chanteur et compositeur du mythique « Cocidito madrileño ».

L’image de ce « Cocidito madrileño » de Lhardy, l’un des nouveaux piliers de l’imaginaire de « Le Madrilène » qui apparaît dévorée par Bárbara Lennie dans la vidéo de « Comerte Entera », est aussi une bonne façon de représenter la transformation qu’elle a dû traverser C. Tangana pour atteindre sa situation enviable actuelle. Après avoir passé des années à essayer de se faire adorer personnellement, il nous présente maintenant un ragoût, une recette, où le meilleur de lui est mais sans lui. Un ragoût madrilène qui capture son essence sans capturer sa personne, camouflé, caché, cette fois, parmi plus d’une douzaine d’artistes différents qui l’accompagnent. Lhardy ne travaillerait pas qu’avec le nom, il a aussi besoin du caissier qui est à l’entrée pour récupérer, et du maître qui se plaint affectueusement au client de toujours qui essaie de partir sans payer.

Ce rôle choral est rempli par nul autre que (permettez-moi d’inclure l’ensemble des collaborateurs) La Húngara, Niño de Elche, Toquinho, Ed Maverick, Gipsy Kings, Jorge Drexler, José Feliciano, Omar Apollo, Elíades Ochoa, Carín León, Adriel Favela, Pepe Blanco, Kiko Veneno et Andrés Calamaro. Toutes ces figures de la musique d’hier et d’aujourd’hui (comme on disait) ont compris la puissance de ce qu’elles font. Avec « Le Madrilène », C. Tangana il veut réaliser avec le public ce qu’il a déjà fait avec l’industrie musicale : la renverser.

« Le Madrilène » C’est un album conscient de soi élaboré en détail, à la fois musicalement et à travers le support visuel sans lequel nous ne pourrions pas comprendre l’œuvre et qui a créé un esprit illustre comme celui de Santos Bacana, un nom qui finira par atteindre le grand public comme maintenant vient celui de C. Tangana. « Ingouvernable » est une merveille que Tangana avançait déjà il y a un an dans un blog vidéo de ses voyages autour du monde, quand l’Argentine et l’Espagne n’étaient qu’à quelques dollars d’écart. José Feliciano sort du G-Mix de « Un poeta » en l’ombrageant de sa guitare sans lui enlever son propre éclat. « Párteme la cara » est une chanson grande et simple qui dans quelques années aura sa place privilégiée dans la musique espagnole au tournant des décennies et qui synthétise parfaitement le Tangana dont nous venons et auquel nous sommes arrivés. D’Alizzz à Alizzz, d’ailleurs, qui continue d’être l’architecte du son dont rêve Tangana.

Antón Álvarez Alfaro a gagné le droit de jouer en regardant l’histoire et pas seulement le présent. Pour cela, « Le Madrilène » c’est aussi une prophétie auto-réalisatrice de 2016, quand il a dit qu’il passerait à la musique alternative après avoir fait tout ce qu’il devait faire dans le courant dominant. À peine dit que c’était fait. Vous pourrez atteindre plus de personnes que d’essayer d’être ce que vous n’êtes pas. C’est la grande leçon que C. Tangana veut nous apprendre qu’il a apprise. Il vient de Madrid, la ville où tout le monde peut se sentir chez lui. A tel point que même les morts sont venus se rassembler dans la maison qu’il a bâtie. « Le Madrilène ».

Pour

[bzkshopping count= »3″ template= »grid » merchants= »amazon »]

C’est tout pour aujourd’hui, j’espère que vous avez apprécié cet article cher passionné(e) de musique.
Si vous avez aimé l’article, n’hésitez pas à le partager.