Critique de « After Hours » de The Weeknd

Critique de « After Hours » de The Weeknd

14 mai 2022 0 Par Le Caiman

Salut, je suis Caroline, dans cet article, nous allons une nouvelle fois parler un super truc d’actualité (ou pas d’ailleurs) autour du son.

Ni à ceux qui aspiraient à d’autres collaborations avec Daft Punk, ni à ceux qui attendaient la suite de la phrase de ‘My Dear Melancholy’, après la virgule, ni à ceux qui fantasment encore sur un condensé de ‘Trilogy’, ni à ceux qui souhaitent désormais que sa collaboration avec Oneohtrix Point Never soit plus radicale. ‘After Hours’ ne se concentre sur aucun des différents visages d’Abel Tesfaye. Il l’a expliqué très clairement dans l’une des rares interviews qu’il a accordées. UN Livre de mode CR. Par mail. « Il me semble que j’ai un trouble déficitaire de l’attention sonore et je ne peux pas rester avec un seul son. Je trouve que ça irrite beaucoup d’auditeurs, mais c’est comme ça que ma tête fonctionne. »

‘After Hours’ va être -sans aucun doute- un succès commercial gigantesque : il y a peut-être « beaucoup d’auditeurs énervés » qui font beaucoup de bruit, mais il y a surtout des millions de fidèles. La question qui se pose est de savoir si, d’un point de vue artistique, ce « TDA » peut être perçu comme une chasse au plus de streams possible à la Drake et Post Malone, ou si The Weeknd a pu donner à cet album cette la cohésion et le sentiment d’ensemble qui manquent aux dernières œuvres de ces autres artistes. Ce qu’Abel Tesfaye a cherché, c’est certain : les vidéos qu’il a présentées suivent une ligne narrative, s’inspirant de « Fear and Loathing in Las Vegas », « Casino » et « Joker », et présentant le personnage que nous voyons sur la couverture .

L’artiste lui-même dit que « Heartless » commence exactement là où s’est terminé « My Dear Melancholy » (cet EP a été inspiré par sa rupture avec Selena Gomez), présentant un personnage qui va révéler « un visage de l’artiste inconnu de ses fans ». Une personne qui tente de « surcompenser » les péchés qu’elle a commis. « After Hours » est un meilleur album au fur et à mesure qu’il s’éloigne de l’ancien The Weeknd pour s’abandonner à ces nouveaux visages, quelque chose qui se passe surtout dans le « sonique », pas tellement dans le lyrique, où Tesfaye est piégé dans son identification -oui bien quelque chose d’ennuyeux il y a un moment- nuage de chagrin et de drogue, même si maintenant le nouveau personnage veut se blâmer et s’excuser. Il est le premier à admettre que bien qu’il soit actuellement capable de rester sobre en tournée, il continue de prendre de la drogue « pour se laisser emporter », en particulier pendant « le processus de création », et la continuité dans ce plan est évidente.

Dans ‘Snowchild’, un « cultivateur » en revanche, il y a des rendez-vous avec Swae Lee, Jay-Z, le monde des paparazzi et de la célébrité (« partir en tournée, c’est mes vacances / chaque mois, de nouvelles accusations / ma seule phobie est échec », chante-t-il après les accusations de biphobie). ‘Escape from LA’ commence comme votre chanson torturante typique sur la jalousie et se termine par une outro intimidante où elle se faufile dans le studio d’enregistrement pour une séance de sexe impromptue et il pense que baiser est suffisamment pertinent pour nous en tant que société. Et ‘Hardest to Love’ déplore « Je ne ressens plus rien / La maison que j’ai achetée n’est pas une maison / Ensemble, nous sommes toujours si seuls ». Sur la pochette de l’album on voit Tesfaye meurtri, mais c’est comme ça qu’on l’a toujours connu. La bonne chose est que maintenant il sourit, peut-être parce qu’il sait que d’un point de vue musical, il a trouvé de nouvelles choses à dire.

Et le fait est que, heureusement, ‘Heartless’ n’était pas indicatif en tant que premier single de ce que nous trouvons dans ‘After Hours’, car c’est exactement ce qu’il a dit : un vestige de sa précédente sortie. Mais cet album innove pour l’artiste puisque ‘Too Late’ joue avec le post-dubstep et le garage britannique, et ‘Hardest to Love’ joue avec la drum&bass, celui-ci avec une mélodie totalement sucrée pour de bon, alors que le sucre n’était pas courant dans ce le genre. De plus, la veine des années 80 de ‘Starboy’ et ‘I Feel It Coming’ est basée sur la manière inattendue. ‘In Your Eyes’ s’incorpore et se recrée dans un saxo qui aide à noyer nos peines et ‘Save Your Tears’ va encore plus loin dans son approche italienne, comme rescapé du répertoire Ricchi e Poveri.

Quelque chose qui ne m’aurait pas tellement surpris si l’on se souvient que The Weeknd a récemment porté à la télévision non pas son numéro 1 mondial ‘Blinding Lights’ (l’une des meilleures chansons de 2019 bien que beaucoup n’aient pas voulu la voir) mais une chanson de ce album intitulé ‘Scared to Live’ qui rappelle ‘One More Try’ de George Michael et le classique ‘A Whiter Shade of Pale’ et contient des éléments de ‘Your Song’ d’Elton John. Tesfaye n’a pas peur du kitsch et a voulu se démarquer de la mode dominante : dans ‘After Hours’ il n’y a pas de reggaeton, pas de salsa, pas de dembow, pas de featuring avec la star de la mode ou le rappeur qui sera dans les mois à venir quand TikTok le découvre.

Une excellente nouvelle qui le serait encore plus si l’album était un peu mieux intégré. Il y a un effort considérable ici et là pour alimenter cette veine narrative : ‘Faith’ (avec un clin d’œil à ‘Losing My Religion’ de REM) a un traité bas qui anticipe l’arrivée de la section des années quatre-vingt, Kevin Parker apporte sa fantaisie psychédélique comme un intermède entre cette partie eighties et le dénouement de l’album, la chanson titre vise à réunir les différents visages de The Weeknd sur 6 minutes, et l’album trouve son aboutissement dans une chanson intitulée ‘Until I Bleed Out’ dans laquelle Abel « saigne à mort » : « Je ne peux pas bouger, je suis paralysé, je ne peux pas expliquer pourquoi je suis terrifié, je suis tellement terrifié… » En revanche, il est difficile de se débarrasser de l’idée que ‘After Hours’ est séparé par des sections lorsqu’il arrange les chansons produites par Illangelo, Max Martin et Metroboomin en général suivies et séparées, formant comme de petits EP’s de 3 ou 4 titres. Il n’y aura pas de vinyle avant dans les 20 semaines mais je prédis que j’écouterai beaucoup, surtout les faces A et C.

Qualification: 8/10
Le meilleur: ‘Blinding Lights’, ‘In Your Eyes’, ‘Hardest to Love’, ‘Save Your Tears’
Vous l’aimerez si : vous avez apprécié tous les visages d’Abel Tesfaye sans vous soucier des paroles
Écoute le: « Dans tes yeux » sur Youtube.

  • After Hours
  • Blinding Lights
  • Starboy

Et voilà, j’espère que vous avez appris de nouvelles choses cher amoureux de la musique.
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  • My Dear Melancholy
  • Beauty Behind The Madness
    WEEKND THE R&P INTERNATIONAL INTERNATIONAL MUSIC
  • After Hours [Explicit]