Critique du nouvel album de León Benavente

Critique du nouvel album de León Benavente

31 août 2021 0 Par Le Caiman

Salut.

Ça y est, c’est fini : León Benavente a surmonté avec succès le difficile défi du deuxième album, après un premier album qui les a placés pratiquement immédiatement à l’avant-garde du rock alternatif d’État et que, comme ils se chantent dans la chanson d’ouverture , entre passif-agressif le cynisme et le documentaire chanté, les a mis « sur toutes les lèvres ».

Ce défi, celui de la « pression du deuxième album », nous présentait un combo qui s’était appréhendé, qui connaissait ses vertus et les choses qu’il voulait polir (et celles qu’il voulait commencer à mettre de côté), et qui Ils commencent à enchérir sur trois maximes qu’ils développent encore plus dans leur troisième long album : 1) supprimer le sanbenito de « groupe de rock protestataire », réduisant le caractère explicitement politique de leurs paroles ; 2) se rapprocher de plus en plus d’une coalition gouvernementale entre les machines et le rock ; et 3) devenir le groupe phare du circuit qui, sonnant en lettres majuscules et fondant et déroutant la parole et le faux rap, fait appel à l’intimité des manières cathodiques.

Ils obtiennent ces trois maximes à l’impératif Faisons les fous (Warner Music, 2019), le troisième bastion de disques dont, il y a un peu plus de cinq ans, nous considérions comme un supergroupe en raison de l’origine et de l’expérience des quatre musiciens qui font partie du groupe ; et qu’il a maintenant réussi à dépasser ce label et à développer des filigranes plus reconnaissables.

Si dans le premier homonyme Léon Benavente (Marxophone, 2013) il était presque impossible d’échapper à l’aura de Nacho Vegas (plusieurs membres du quatuor font toujours partie de l’orchestre d’accompagnement des Asturiens) en raison de l’engagement politique qu’ils insufflaient ; et en 2 (Warner Music, 2016) était une comparaison constante avec le son d’El Columpio Asesino ; dans ce troisième album, ils montrent la taille et la transversalité sonore, même si certains abaissent un peu le niveau et peuvent même ressembler à un remplissage (Tu vida en directo et Mano de santo).

Les moments où le hit swingue le plus, c’est lorsqu’ils parviennent à faire de leur intimité quelque chose d’universel : dans Amo (avec même des nuances orientales) et Como la piedra que floats (avec un air de mécanisation spirituelle) ; ce n’est pas pour rien que les deux avancées ont été publiées des mois auparavant. Avec une base sonore dans laquelle l’idée de ‘rock mécanique’ (ou mécanisé) nous amène à nous souvenir de textures qui vont de Nine Inch Nails et Einstürzende Neubauten à The Birthday Party ou Suicide; le combo mené par Abraham Boba permet une série de jeux qui n’étaient pas perçus comme hétérogènes dans les deux albums précédents.

Des références allant des Beastie Boys et Gil Scott-Heron à Peret ou la dernière de David Bowie ; aux jeux qui vont de l’ouverture de l’album (Four monkeys) avec une chanson siamoise de l’autoréférentielle Room 615, comme si la fin de l’album précédent était le prologue de celui-ci, ou le début de celui-ci était l’épilogue de celui-là une; approchez le son d’Erasure (Il n’y a pas de peur) ou de Suicide (Tir sur les chevaux) ; échantillonner l’OST qu’Alain Goraguer a composée pour un film d’animation (Flying high) ; signer une mi-temps aux airs d’une ballade traditionnelle (Le chant des dégats) ; ou obtenez une relation bestiale avec Eva Amaral, Maria Arnal et Miren Iza, trois des illustres collaboratrices de cet album. Comme ils le chantent eux-mêmes, « c’est romantique de les voir danser à leur rythme ». Vous avez raison.

Ça y est, j’espère que vous avez appris de nouvelles choses cher passionné(e) de musique.
Si vous avez aimé l’article, n’hésitez pas à le mentionner.