Depeche Mode, chronique de leur concert à Barcelone (2017)

Depeche Mode, chronique de leur concert à Barcelone (2017)

17 avril 2022 0 Par Le Caiman

Bonjour.

Depeche Mode a plus de vies qu’un chat noir ou, à tout le moins, en a déjà passé quelques-unes : La scission du groupe en 1995 avec le départ de Ian Wilder, l’un de ses compositeurs ; la descente de Dave Gahan dans l’enfer de la drogue, accompagnée d’un arrêt cardiaque ; la transformation du groupe, quittant la synthpop de ses origines pour plonger dans les profondes marées du rock ; la faible efficacité de ses dernières œuvres… Autant de péripéties qui n’ont pas encore pu ébranler la santé de cet éternel Oiseau Phénix.

Maintenant sur sa longue tournée tournée mondiale de l’esprit ils remontent sur scène pour présenter leur nouveau matériel, un peu plus stimulant que ne l’était leur album controversé « Machine delta ». C’était donc un bon moment pour voir l’état de santé de leurs masses en direct, cette fois devant quelque 16 000 fidèles qui ont rempli un Palau Sant Jordi qui a bénéficié de l’une des meilleures acoustiques dont on se souvienne dans la salle. Un concert dans lequel il y a eu des moments d’épiphanie où le public a été laissé chanter seul à plusieurs reprises, tandis que Dave Gahan a déplacé les masses à volonté, déplaçant et faisant des moulinets dans le style des danses soufies des derviches turcs, mais avec sa touche folk Marque torero de la maison. La machinerie musicale était dirigée par Martin L. Gore qui tirait de sa guitare une bonne suite de riffs et de sons rêveurs qui faisaient chanter seuls ses moments stellaires. D’autre part, il convient également de souligner la batterie rythmique métal de Christian Eigner ou le bon travail de Peter Gordenoy aux claviers, stratosphérique lorsqu’il s’est emparé des basses profondes et tonitruantes pour jouer des morceaux comme « It’s No Good » et « Barrel of a Pistolet ». Tout le contraire d’Andy Fletcher, dont la présence devant les synthétiseurs reste un mystère, tant il en joue peu en live.

Tout au long de 20 chansons, le concert s’est développé, traversant différents moments de la longue histoire du groupe, se concentrant cependant davantage sur sa scène dans les années 90 que dans les années 80, avec un bref arrêt, comme prévu, dans les chansons de sa dernière œuvre. « Esprit »jouant « Going Backwards » avec lequel ils ont ouvert, « Where’s the Revolution » et « Cover Me » avec les notes évocatrices du développement de la chanson à travers un synthétiseur arpégié de l’espace, le tout enveloppé des images suggestives du réalisateur et collaborateur du groupe Anton Corbijn qui a été projeté sur un écran géant qui occupait toute la scène.

Il n’y a eu que des hauts et des bas dans la partie centrale de l’émission en termes d’intensité, lorsqu’ils ont abordé « Insight », « Home » ou « In your Room », mais ils se sont résolus crescendo dans la partie finale avec la rafale attendue de hits et plus quand ils ont sauvé le morceau de techno pop rêveur, avec des critiques sur le système d’enregistrement, qui est « Everything Counts ». A ce moment-là, on sut qu’ils avaient mis le pied sur l’accélérateur et qu’ils n’allaient plus le relâcher, alors ils continuèrent avec « Stripped » pour toucher le ciel avec « Enjoy the Silence » où ils montrèrent qu’ils sont toujours très vivant et « Never Let Me Down Again » se clôturait de manière en force jusqu’à l’arrivée des rappels avec « Strangelove », qui était revisité accompagné uniquement d’un piano et de la voix de Martin L. Gore, avec une version cabaret dans le style de Marc Amande. Viennent ensuite «Walking in My Shoes», le sombre «A Question of Time» et l’air déchirant du désert occidental de «Personal Jesus».

La machine à jouer de Depeche Mode fonctionne parfaitement, avec précision, force et émotion, si on ajoute que les membres du groupe ont déjà 55 ans, il faut donner plus de valeur à la matière, maintenant il faut au niveau composition pour retrouver le ton splendide qu’ils ont avait il y a des années. Nous ne savons pas encore si cela viendra, mais l’avenir et leur chemin s’annoncent comme un long voyage pour eux.

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C’est tout pour aujourd’hui, à bientôt cher passionné(e) de musique.
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