Green Day, critique de son album Father Of All Motherfuckers (2020)

Green Day, critique de son album Father Of All Motherfuckers (2020)

12 mai 2022 0 Par Le Caiman

Bonjour à tous.

La version du tournant du siècle de Green Day aurait eu beaucoup de matériel à l’époque où nous vivons pour marquer un opéra rock comme « idiot americain» (2004). Leur premier album profondément vindicatif et politisé a marqué un avant et un après à tout le matériel qui avait précédé leur carrière, et aussi avec celui qui allait suivre, ramenant le groupe au premier rang des groupes de rock pour les masses de notre temps. Pourtant, bien qu’il se soit positionné à de nombreuses reprises à contre-courant de la situation politique de son pays, Donald Trump n’a pas subi le même sort que George W. Bush et en «Père de tous les enfoirés”. Green Day a renoncé à récupérer le discours de protestation avec lequel il y a quinze ans, ils ont réussi à emballer Milton Keynes après quelques années plus loin du premier plan dans lequel le hit de « Dookie”. Sûrement, à ce stade, personne ne s’attendait à ce retour de ceux d’Oakland au discours vindicatif, après une trilogie (« Un deux trois ») dans lequel ils revenaient à des compositions simples et efficaces, même si peu de chansons étaient vraiment récupérables, et une dernière référence, «Radio Révolution”, ce qui n’était pas non plus un jalon très pertinent dans sa discographie. Ainsi, si nous nous approchonsPère de tous les enfoirés” avec des préjugés et, surtout, en regardant en arrière et en pensant que toute époque passée était meilleure, il nous manquera un bon album, le plus court de leur carrière, dans lequel le trio s’est concentré sur l’envoi d’une bonne collection de chansons fraîches et agréables.

Revenant sur sa durée d’à peine vingt-six minutes à travers différents courants musicaux (on retrouve sur l’album des échos Motown, sixties, rock’n’roll, glam, garage ou indie rock) et produit par Butch Walker (Taylor Swift, Weezer), le début de l’album avec Billie Joe Armstrong chantant en fausset sur « Father Of All… » n’est rien d’autre qu’une déclaration d’intention sur ce qui va suivre : un groupe qui, après plus de deux longues décennies de carrière, veut concentrer ses efforts sur la composition de chansons sans prétention et, comme ils le disent eux-mêmes, « s’en foutre ». Ce n’est sûrement pas un hasard si ce morceau a été choisi comme premier single de l’album, ni que la pochette de l’album reflète une version gribouillée de sa main emblématique tenant une grenade, cette fois avec une licorne superposée au titre de l’album et vomissant un arc-en-ciel. Au moins on ne pourra pas se plaindre de ne pas être informé de leurs intentions ou que le groupe nous ait vendu une moto avec la première avance…

Des thèmes de tous les jours se retrouvent dans des chansons comme le pop-punk « Sugar Youth », le rock’n’rollera « Stab You In The Heart » ou le vitaliste « Meet Me On The Roof ». « Oh Yeah » a un refrain qui sera un bonbon à chanter dans les stades du monde entier lors de sa tournée imminente hella méga tournée avec Panique! At The Disco and Weezer et « Fire, Ready, Aim » continuent dans la même lignée (ce n’est pas en vain que le groupe s’est mis d’accord pour que le thème soit la chanson principale de la NHL -National Hockey League- cette saison). Por su parte, “I Was A Teenage Teenager” se alza como una de las mejores composiciones de la banda de los últimos tiempos, volviendo a su época adolescente y contando Billie Joe la forma en la que la pubertad siendo unos weirdo ha afectado a su développement personnel. « Take The Money And Crawl » retrouve son attitude des années 90 de vivre dans l’instant à travers tout et ce n’est que dans « Graffiti », la dernière coupe, que le thème social a sa place en reflétant la situation des usines fermées dans la ceinture industrielle du États-Unis et les adolescents noirs qui ont été tués par des policiers à Chicago.

Sur une note négative, cette ouverture à différents registres et sons a dissipé une partie de leur cachet caractéristique en tant que groupe, étant à plusieurs reprises difficile de reconnaître qu’il s’agit d’une chanson californienne et sonnant comme The Black Keys, Queens Of The Stone ferait l’affaire. Age, The Hives ou Jack White, au détriment de son style personnel. A ce stade, pour les nostalgiques, une seule solution : accepter cette nouvelle étape du groupe et profiter de ses nouvelles facettes ou, au contraire, passer à côté de quelques chansons dans lesquelles le trio a montré qu’il conservait son inquiétude créatrice. Et si cet argument continue d’être peu convaincant, le monde ne va pas finir non plus… »Nemrod » Soit « sans sommeil» attendront sur l’étagère désireux de retrouver leur notoriété.

  • Father of All.
    Green Day- Father Of All

C’est tout pour aujourd’hui, c’est déjà la fin cher mélomane
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