Meilleurs films 2013

Meilleurs films 2013

12 février 2022 0 Par Le Caiman

Bonjour, je me présente, je m’appelle Coralie, aujourd’hui, nous allons encore parler un excellent truc d’actualité (ou pas d’ailleurs) autour du son.

Une année de plus, le cinéma français est dans le Top 1 de notre palmarès avec cette histoire d’amour mouillée, inconfortable et réaliste. Lauréat du dernier festival de Cannes, le film d’Abdellatif Kechiche est un portrait détaillé de l’éveil adolescent poussé jusqu’à son ultime conséquence. Un exploit impensable sans ses protagonistes de longue date, Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos. Surtout Adèle, qui porte avec ses yeux, ses larmes et sa bave le poids d’un voyage qui détruirait n’importe qui. Elle est la vérité par-dessus tout.

Le grand film de 2012 est sorti en Espagne en 2013. Michael Haneke confronte le spectateur à une réalité douloureuse : la vieillesse, la maladie, la détérioration physique, la mort ; la terrible idée qu’un jour, après avoir assisté à un concert, la personne avec qui vous vivez et que vous aimez puisse commencer à disparaître, à se consumer entre vos mains sans que vous ne puissiez rien faire pour l’éviter. Un film qui ouvre des débats sans les accentuer (l’euthanasie, la situation des personnes âgées dans le monde occidental) et explore les émotions sans fioritures mélodramatiques. Une histoire émouvante de dévotion, de stoïcisme et de douleur, dans laquelle Haneke a su transformer les épisodes caractéristiques de violence sèche en un geste d’amour profond.

S’il y a un cinéaste à surveiller de près, c’est sans aucun doute Jeff Nichols. Après avoir surpris avec ses débuts fulgurants, ‘Shotgun Stories’ (2007), et confirmé son talent avec le brillant ‘Take Shelter’ (2011), le réalisateur de l’Arkansas présente en avant-première son meilleur travail à ce jour. ‘Mud’ avance avec l’élan, la solidité et l’efficacité des grands récits classiques. Une histoire qui est à la fois une histoire d’initiation et de disparition, d’apprentissage adolescent et de résignation adulte. Un thriller (rural) aux effluves de western (moderne), se déroulant dans un territoire plein de résonances mythiques (le fleuve Mississippi), qui s’achève sur une de ces dénouements percutants et cathartiques qui vous font quitter le cinéma à deux pieds au-dessus du terre.

Cela fait tellement longtemps qu’il est sorti qu’on en aurait presque oublié de revendiquer ce titre injustement maltraité aux Oscars. Réalisé par Kathryn Bigelow, et traitant d’une intrigue aussi délicate que celle de la capture de Ben Laden, le film fuit étonnamment la fureur patriotique vide pour, au contraire, nous mettre dans une position inconfortable qui révèle sans artifice les lumières et les ombres d’une obsession. Un voyage psychologique qui éclabousse et tache à la fois Jessica Chastain et les spectateurs ébahis par cette chasse et capture.

5

Joshua Oppenheimer, Anonyme, Christine Cynn

Le documentaire de l’année. Peu de films ont une telle capacité à secouer et déranger, à provoquer des questions et à susciter des réflexions. « The Act of Killing » met une fois de plus en lumière cette terrifiante « banalité du mal » dont parlait Hannah Arendt. Habitué à nous protéger de l’horreur derrière les étiquettes et les discours diabolisants, des « axes du mal » et des « monstres » qui kidnappent les filles, Oppenheimer nous montre que ces « monstres » sont plus vulgaires, humains et plus proches de nous qu’on ne voudrait le croire . Comme le dit le réalisateur lui-même, « je m’attendais à des meurtriers et j’ai trouvé des gens ordinaires que vous pouvez aimer et dont vous vous souciez ».

Le favori de cette année pour balayer les prix en tant que « film en langue étrangère ». Des nobles démunis qu’on loue pour donner du lustre aux soirées, des artistes conceptuels incapables d’expliquer ces « concepts », des bourgeois accros au Botox, des cardinaux plus intéressés par la gastronomie que par les questions spirituelles, des hommes d’affaires corrompus qui se croient victimes d’incompréhension… Une caricature de la haute société romaine qui sert au réalisateur pour, par excès, articuler un discours existentialiste sur le vide, sur le manque de contenu que masque l’artifice, et sur Rome, une ville de la gueule de bois, un lieu qui, comme le protagoniste lui-même, il flétrit gracieusement.

Le cinéma 3D a été inventé pour tourner des films comme celui-ci. Alfonso Cuarón est responsable de la conversion d’une technologie que nous pensions être un simple économiseur de trimestre en un outil capable de donner de la profondeur à n’importe quelle histoire. Nous n’avons jamais été aussi proches de l’espace que nous le sommes maintenant. Du pur cinéma sensoriel mené par Sandra Bullock (qui allait nous le dire ?) dont chacun tire sa propre conclusion angoissé dans le siège.

Maintenant que Steve McQueen nous fait pleurer avec son ’12 Years a Slave’, ça ne fait pas de mal de se rappeler qu’il y a quelques mois quelqu’un nous a montré qu’il y avait d’autres façons moins manipulatrices de raconter ce drame. On fait bien sûr référence à Tarantino qui, avec ce western déjanté et irrévérencieux, trouve de nouveaux sens à des symboles qui semblaient intouchables.

Le nouveau film d’Harmony Korine, connu pour son scénario de ‘Kids’ (1995), ainsi que pour avoir réalisé des films comme ‘Gummo’ ou ‘Trash Humpers’ et des vidéos pour Sonic Youth et Cat Power (Spiritualized a dédié leur chanson ‘Harmony’ ) fuit d’être le film pop, indépendant, kitsch ou social de l’année, pariant sur un méli-mélo étrange et complexe qui, en quelques instants, frôle le Tarantinesque. Dans la meilleure scène musicale du film, qui n’est pas celle où les protagonistes chantent « Baby, One More Time », on voit les filles danser au rythme d’une ballade interprétée par James Franco, armées et cagoulées de cagoules qui ne ressembler à de petits anges pour les Pussy Riot. C’est une scène d’une beauté obsédante à partir de laquelle on se demande définitivement où Harmony Korine se dirige.

Le documentaire ‘Searching for Sugar Man’ de Malik Bendjelloul capture le travail sensationnel qu’ont réalisé au fil des ans deux fans lorsqu’ils ont entrepris d’enquêter sur l’idole de leur génération, le chanteur de ‘I Wonder’, dont ils ne connaissaient que le nom. , Sixto Rodríguez, et la légende qu’une fois, après avoir joué devant un public grossier, il a voulu se suicider sur scène. Une belle histoire sur l’ironie du hasard, le destin et les mains avides des producteurs de musique, qui n’ont jamais documenté l’incroyable succès de Sixto en Afrique du Sud.

Seidl démaquille le monde pour rendre visible son visage le plus obscène, décadent et immoral : les relations de pouvoir et d’exploitation entre les êtres humains. La face cachée qui se cache dans les resorts des pays du tiers-monde ou derrière les portes des maisons des pays développés. Trois histoires auxquelles appliquer son regard particulier : sordide, cru et implacable. Le réalisateur autrichien use (et parfois abuse) de l’esthétique laide, de l’humour sec et de l’excentricité morale pour mettre le spectateur mal à l’aise, pour provoquer une réaction qui permet une réflexion plus approfondie.

Soit vous aimez ce couple, soit vous le détestez. Il n’y a pas de juste milieu avec Jesse (Ethan Hawke) et Céline (Julie Delpy). Mais la plupart d’entre nous ne pouvaient pas imaginer meilleur point et fin pour une trilogie qui a marqué, ou du moins reflété en temps réel, notre éducation sentimentale par le cinéma. Une conversation sans fin qui nous fait comprendre sans antalgiques ni anesthésie que le plus dur de l’amour n’est pas de le trouver, mais de le garder.

S’appuyant sur l’extraordinaire performance de Mads Mikkelsen (Prix du meilleur acteur à Cannes), le réalisateur parvient à traiter d’un sujet aussi enclin au démesurément sans jamais tomber dans le manichéisme ou les excès mélodramatiques. « La chasse » est la chronique d’une injustice, le portrait d’un homme harcelé par une communauté qui, unie par la peur que l’horreur entre chez elle, passe de rationnelle et amicale à injuste et inquisitoire. Une fable morale remarquable, un de ces films qui ouvre les débats et pose des questions : que ferais-je à sa place ? Et à la place des parents ?

Le nouveau film de la prometteuse Céline Sciamma s’apparente à un film pour enfants tourné par les frères Dardenne. Le réalisateur français, caméra au poing, donne toute la place aux enfants : les deux sœurs qui viennent d’arriver dans le quartier et un groupe d’amis qui passent l’été à jouer dans les environs. Le film transmet quelque chose de très difficile : ce bonheur estival de quand on est enfant et qu’on a tout l’été pour en profiter. L’été comme temps suspendu, comme moment irréel dans un microcosme de relations affectives (le gang), où l’on peut être qui l’on veut être avant que les cours ne commencent et que la société n’impose ses règles.

Comme une tragédie grecque stylisée et postmoderne, « Seul Dieu pardonne » est une histoire de vengeance(s) et d’Œdipe refoulé, qui peut parfois glisser dans le grotesque (les interprétations de Gosling et de Scott-Thomas sont, pour des raisons opposées, en désaccord) .la limite du parodique), mais qui finit par fasciner pour deux raisons : son atmosphère enveloppante et captivante, aussi sordide que stylée, et l’apparition d’un personnage inoubliable, un policier imperturbable et sadique, qui use de l’épée et ses poings avec la même facilité avec laquelle il prend un micro et chante dans un karaoké lynchien.

Chronique historico-politique qui, en utilisant le particulier, éclaire le général. A travers le personnage du publiciste, ses problèmes sentimentaux et son travail de campagne, on assiste au processus de transition vers la démocratie dans un pays kidnappé par la dictature depuis 1973. Larraín fait un exercice de mémoire historique sans devenir transcendant ni discursif. Avec une apparente frivolité, le réalisateur structure son film comme un combat audiovisuel, une guerre des idées, une bataille télévisuelle entre les différentes campagnes où les armes ne sont plus celles du débat politique, mais l’humour, l’ingéniosité et la créativité.

Le réalisateur coréen Park Chan-Wook a trouvé dans ce film le véhicule idéal pour rendre hommage à Hitchcock dont il a toujours rêvé. Le résultat? Un film d’une facture sensorielle tellement totale que le spectateur non seulement voit, mais aussi sent, touche, sent et goûte ce qui est vu à l’écran. Bon, l’histoire n’est pas à la hauteur de l’esthétique, mais ça, dans un film comme celui-là, ça n’a pas d’importance.

Le film gay incontournable de la liste ? Bien au contraire. Maintenant qu’il est enfin sorti dans notre pays, nous pouvons revendiquer cet excellent titre, comme ça, sans avoir besoin d’utiliser le gay comme genre ou justification. Vous aimerez plus ou moins bien ses protagonistes, mais vous ne pouvez pas nier que vous avez aussi, comme eux, vécu l’histoire d’amour la plus intense de votre vie en un week-end.

Confirmation du talent de Javier Ruiz Caldera. ‘3 more weddings’ a une première partie exceptionnelle, jusqu’à la fin du premier mariage ; un prodige d’efficacité comique, de précision rythmique, de sélection -entre ironique et nostalgique- de la bande sonore, et de talent d’interprétation. Romantisme, comédie générationnelle, humour grossier, clins d’œil cinématographiques, comédie loufoque. Ou, ce qui revient au même, la nouvelle comédie américaine. Tradition et modernité en parfaite harmonie. Un croisement chanceux entre les Farrellys, « Le mariage de mon meilleur ami » et une touche de nerd éclairé par les poussins.

Satire implacable et relecture joyeuse de films d’horreur. Un jouet postmoderne rutilant qui détourne les codes du genre avec une ruse calculée : c’est parodique mais ce n’est pas une parodie façon « Scary Movie » ; il y a du sang, des frayeurs, des monstres et une cabane dans les bois, mais ce n’est pas tout à fait un film d’horreur ; il y a du suspense, de l’action et des éléments de complot, mais cela n’est pas un thriller. Le film est avant tout un exercice sophistiqué de métafiction, un méta-récit brillant, ludique et sans préjugés qui poursuit deux buts : utiliser les mécanismes du genre pour amuser et divertir, tout en les mettant à nu pour les questionner et les subvertir.

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C’est tout pour aujourd’hui, j’espère que vous avez appris de nouvelles choses cher passionné(e) de musique.
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