Nick Cave, critique de Idiot Prayer: Nick Cave Alone At Alexandra Palace

Nick Cave, critique de Idiot Prayer: Nick Cave Alone At Alexandra Palace

23 mars 2022 0 Par Le Caiman

Bonjour à tous.

Peu d’artistes peuvent motiver le respect et la détresse qui accompagnent aujourd’hui l’œuvre et l’héritage de Nick Cave, car la figure de l’Australien – déjà doté d’une présence imposante – n’a fait que croître au fil des décennies. Si le côté sauvage de Nick Cave était dévastateur depuis la fin des années 70 avec The Birthday Party, le temps a montré que la facette la plus sensible, délicate et introspective de l’auteur peut devenir encore plus intimidante. Une option sur laquelle le musicien a travaillé dans les derniers opus signés avec ses fidèles The Bad Seeds, laissant, par exemple, une trilogie aussi impeccable que celle formée par « Repousser le ciel» (13), « Arbre Squelette » (16) et « fantôme» (19), ce dernier étant le cri douloureux provoqué par la mort de son fils Arthur Cave à l’âge de quinze ans.

« Prière idiote : Nick Cave seul au palais Alexandra » souligne et enflamme les qualités, après avoir capté le concert que l’auteur a offert en streaming le 23 juillet depuis l’Alexandra Palace de Londres, sans la présence d’autres musiciens ni public in situ et avec la seule (et décisive) compagnie du piano à queue. La nudité des morceaux choisis donne ainsi encore plus d’importance à ce récit toujours majestueux de la voix de Cave, tandis que les notes qui émergent de l’instrument remplissent martialement leur fonction de bercer les paroles. Une performance durant laquelle on entend la respiration du musicien, dans un réalisme extrême qui ébranle l’écouteur et révèle une fois de plus cette capacité rédemptrice latente dans les chansons signées Nicholas Edward Cave. La récitation initiale pénétrante de « Spinning Song » active les sens et met en garde pour recevoir des morceaux sacrés tels que « He Wants You », l’obligatoire « Jubilee Street », « The Mercy Seat » ou « Into My Arms », l’inédit « Euthanasie », « Papa Won’t Leave You, Henry », « Idiot Prayer », « Girl In Amber » ou un « Waiting For You » extrêmement émouvant, jusqu’à atteindre l’épilogue final matérialisé dans « Galleon Ship ». En réalité, il est absurde de pointer des points saillants, puisqu’il s’agit d’une mise en page impeccable avec la plupart des pics de pur débordement et une intensité émotionnelle constante tout au long de vingt-deux morceaux.

Alors que dans les mains d’un autre artiste le document relèverait du caprice ou de la curiosité, il recèle ici une telle solennité et une telle élégance qu’il devient une expérience mystique, presque religieuse, guidée par un berger générateur de dévotion. « Prière idiote : Nick Cave seul au palais Alexandra » C’est un enregistrement lapidaire et déchirant qui invite à fermer les yeux pour plonger dans sa profondeur intrinsèque et savourer chaque détail de la performance elle-même. Ce n’est pas une référence exclusive pour les fans de Nick Cave ; c’est un produit nécessaire pour tout amateur d’art au sens le plus large du terme. Si le concept d’un album (même s’il est live) est assimilé à celui d’une œuvre laissée au fil du temps par un créateur, ce serait sans doute l’un des plus transcendants de cette campagne. Et c’est que, d’une manière étrange, toute cette tristesse et cette beauté incluses dans le LP supposent un abri devant le panorama désespéré dans lequel nous nous trouvons plongés.

Pour

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Ça y est, j’espère que vous avez appris de nouvelles choses cher passionné(e) de musique.
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