Sufjan Stevens, critique de son album The Ascension (2020)

Sufjan Stevens, critique de son album The Ascension (2020)

2 mai 2022 0 Par Le Caiman

Bonjour à tous.

Il y a quelque temps, sufjan stevens décidé de déménager pour vivre à la campagne. Il a acheté un tracteur, s’est déconnecté d’Internet et a entreposé ses guitares et ses banjos. Pour se divertir, il a bricolé une boîte à rythmes et différents synthétiseurs analogiques au son vintage. Ainsi, petit à petit et sans s’en rendre compte, il se met à composer ce qui deviendra son nouvel album, cinq ans après Carrie et Lowellsa dernière œuvre formée entièrement à son nom.

Pendant tout ce temps entre un travail et un autre, il n’a pas été arrêté du tout. Il a édité des œuvres avec son beau-père Lowell Brams –« aporie »de cette même année-, une bande originale collaborative pour le projet « Planétarium »musique pour la compagnie New York City Ballet –« Le Décalogue », semi-signé avec le pianiste Timo Andres–, etc. Ces différents enregistrements ne permettaient pas d’imaginer précisément où allait tourner le nouveau Stevens, et la surprise est venue sous la forme d’un album dédié à l’électronique comme il l’a fait dans « L’âge d’Adz » (10), sa première incursion dans les sons synthétiques. Maintenant, après un pic créatif éminemment acoustique et intime comme « Carrie & Lowell », il nous livre un autre album entièrement dédié à sa zone personnelle la plus intime, mais vêtu d’un costume très différent. Si dans celle-ci il interrogeait ses souvenirs d’enfance et de première jeunesse avec une sincérité absolue, il nous parle ici de son intimité spirituelle, de sa vision du monde et des terreurs qui nous guettent dans une perspective marquée par un christianisme harcelé par doutes et douleur… Elle nous offre ainsi une tapisserie dense peuplée d’idées et d’aveux.

le voyage à travers « L’Ascension » c’est plein de rebondissements et de détails qui resurgiront au fil des écoutes successives, et ce n’est pas un parcours facile. Ses quatre-vingts minutes divisées en un total de quinze chansons en font une œuvre difficile à affronter d’un seul coup, et la densité de plusieurs de ses coupes en font un album qui demande le dévouement de l’auditeur. Si dans la première partie on trouve des raisons de ne pas détourner notre attention (avec le merveilleux « Video Game » comme meilleure réussite), la partie centrale de l’album peut laisser éreinté ceux qui attendent une œuvre plus accessible. Mais la patience paie, car c’est à la fin que l’on trouve les meilleurs morceaux : le trio composé de « Sugar », « The Ascension » (le meilleur de tout le répertoire et celui qui se rapproche le plus de l’esprit et de la nudité de Carrie et Lowell) et les plus de douze minutes de la finale « America ».

Le nouvel album de sufjan stevens le place dans une nouvelle étape du son imprégné d’électronique qui, entre ses mains, sonne chaud et intime. Mais, malgré les succès indéniables qu’il recèle, l’ensemble est en proie à un excès de confiance et à des idées à moitié résolues. Un peu de retenue lui aurait fait du bien. Entre ses mains, moins a toujours été plus.

L’Ascension de Sufjan Stevens

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