Sufjan Stevens & Lowell Brams, critique de leur album Aporia (2020)

Sufjan Stevens & Lowell Brams, critique de leur album Aporia (2020)

29 septembre 2021 0 Par Le Caiman

Bonjour.

Ce n’est pas la première fois que le bon vieux Sufjan Stevens collabore d’une manière ou d’une autre avec son beau-père Lowell Brams, avec qui il partage également un sceau de propriété. C’était même une photo de Brams lui-même avec la mère de l’auteur de ‘Illinois‘(Asthmatic Kitty, 05) celui qui a servi de couverture à cet essentiel’Carrie & Lowell‘(Asthmatic Kitty, 15 ans) qui a vu le jour il y a à peine cinq ans et qui, à ce jour, est toujours le dernier album studio à être utilisé par les Nord-Américains. Mais c’est maintenant qu’arrive la collaboration définitive entre père et fils, avec un album ferme composé d’un total de vingt et un liens courts qui ne dépassent que dans des occasions très importantes trois minutes. Ainsi, Stevens et Brams retournent travailler ensemble sur un album de ces caractéristiques après cette lointaine « Musique pour l’insomnie » publié en 2009 et dans lequel il leur a également prêté main forte Bryce Dessner par Le National.

Pour faire face à la publication, il faut reléguer les prémisses les plus communes qui ont jusqu’à présent marqué l’œuvre de Stevens, celles qui conduisent à un indie-pop-folk extrêmement émouvant, élégant, parfois orchestré et quelque peu baroque, mais toujours chargé d’une sensibilité évidente. Des qualités qu’il convient de supprimer pour pouvoir assumer ainsi, sans jugements de valeur préétablis ni préjugés qui conduisent à l’incompréhension, le fil conducteur de cet opus. ‘Aporie’ (Asthmatic Kitty, 20 ans) est une œuvre instrumentale, à mi-chemin entre l’environnement et le new age, qui trouve dans les synthétiseurs et une couche électronique réfléchie mais solide, ses alliés définitifs lorsqu’il s’agit de reconstituer les pièces du puzzle. Et il s’avère que dans ces paramètres que Stevens et Brams choisissent maintenant (relativement surprenant compte tenu du curriculum vitae du signataire principal), le résultat semble non seulement conforme mais aussi largement convaincant. Une réalisation cimentée sur une série de coupes appropriées pour mettre en musique un hypothétique film de science-fiction, qui fait fortement référence au nom de John Carpenter. Cela va de l’initiale « Ousia » qui donne son titre au produit et cette continuation épique qu’est « What It Takes » -l’un des meilleurs du lot- à « Captain Praxis » ou « Eudaimonia » dans sa section finale, en passant par d’autres compositions du genre « The Unlimited », le single « The Runaround », « The Red Desert » ou encore le joli « Climb That Mountain ».

S’il est vrai que, tout au long de deux décennies de carrière, Sufjan Stevens avait déjà démontré sa polyvalence créative, il est d’abord difficile d’assimiler l’aspect des quarante minutes qui couvrent cette sortie, en raison de la (merveilleuse) gueule de bois située dans le collectif l’imagination quand on se réfère à son auteur principal. Et c’est qu’il ne cesse d’étonner le virage radical qu’a pris, avec Lowell Brams, le chanteur pour se concentrer, créer et mener à bien cela’Aporie‘. Reste à savoir si l’album en question restera comme une curiosité centrale ou le projet se poursuivra dans le futur… et dans quel cas dans quelle direction il suivra. Nous verrons.

Aporia de Sufjan Stevens, Lowell Brams

Texte : Raúl Julián.

  • The Ascension
  • Carrie & Lowell

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